Tant qu’il y en a un pas loin

Latour prône quatre carnets, chacun avec une entrée différente. Chronologique, thématique, divagations et avis extérieurs. Aussi ses poches doivent être pleines et sa mémoire toujours à chercher dans quel carnet se trouve tel mot, tel citation ou autre date. L’avantage serait une organisation optimale. Encore faut-il l’avoir, cet esprit organisé qui permet la tenue de quatre carnets.

Je me limite pour ma part à un carnet, constitué de plusieurs carnets, même plus de quatre, mais disséminés parmi mes sacs à dos, de manière à en avoir toujours un à portée de main. Je les laisse traîner, retombe dessus plus tard. Une date et la note en question.  L’idée revient dans mon esprit. Je les laisse faire leurs chemins, y repense, les relis, les raye ou les entoure en rouge si elles prennent en importance. Mes notes se classent d’elles-mêmes. Si elles deviennent importantes, elles ressortent du fouillis des carnets qui sont au final, l’incarnation du fouillis de mon cerveau.

C’est donc un seul un seul recueil. Il rejoint le chiffre quatre de Latour par sa division et c’est tout. Il sert d’agenda, de dictionnaire, de récapitulatif, de créations, d’observations, de divagations. Il y a des interludes humoristiques, des croquis, des schémas…

Le plus important avec mes carnets, c’est que je les sache près de moi, au cas où.  Dans la poche de la veste, dans le sac, sur le bureau. Je laisse traîner stylos et crayons pour la même raison. L’idée ne peut pas s’échapper, la citation, la référence restent dans les carnets .

Bruno Latour, Changer de société. Refaire de la sociologie, Paris : La Découverte, 2006, p. 194-197.

Brieuc.Jicquel
Brieuc.Jicquel
Licencié en LLCE études lusophones, actuellement en m2 didactique des langues à la Sorbonne Nouvelle après un stage Campus France… Lire la suite

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Brieuc.Jicquel (2 octobre 2016). Tant qu’il y en a un pas loin. art, langage, apprentissage. Consulté le 17 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/cyeo


2 réflexions sur « Tant qu’il y en a un pas loin »

  1. Bonjour Brieuc !
    J’aime beaucoup la manière dont vous organisez votre carnet « un carnet, constitué de plusieurs carnets » et que vous gardez votre carnet près de vous où que vous aillez pour que vous ne risquiez pas de perdre vos idées qui viennent soudainement à la tète.
    Quand à moi, j’ai pris l’habitude de noter tout sur des carnets papier que je trouve très pratique (des fois j’ai de l’inspiration quand je suis dans des endroits différents), par exemple : dans la rue, dans un bus, un métro, un super marché ou même quand je discute avec mes amis, alors le fait d’avoir ces petits carnets papier avec moi comme vous venez de dire m’évite de ne pas perdre les idées qui me viennent à la tête même si elles ne sont pas développées.
    Bonne continuation.

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